EXPOSITION ROCKS !

CINQ REGARDS D’ARTISTES CONTEMPORAINS SUR LE MINÉRAL : ZHAN WANG, JONATHAN BRÉCHIGNAC, CHARLOTTE CHARBONNEL, NOÉMIE GOUDAL, SHAO WENHUAN

35 AVENUE GEORGE V, PARIS | 22 SEPTEMBRE 2021 - 31 JANVIER 2022 | DU LUNDI AU SAMEDI DE 11H À 19H

AFIN DE CLORE EN BEAUTÉ L’ANNÉE DE LA TERRE, THÈME DES COLLECTIONS 2021, ICICLE PRÉSENTE DU 22 SEPTEMBRE 2021 AU 31 JANVIER 2022 DANS SON ESPACE CULTUREL DU 35 AVENUE GEORGE V, L’EXPOSITION « ROCKS ! » DONT LA CURATION EST CONFIÉE À L’AGENCE DOORS.

  • Noémie Goudal, Soulèvement V, Lambda print, 150 x 120 cm, 2018 © Noémie Goudal

  • Noémie Goudal, Soulèvement V, Lambda print, 150 x 120 cm, 2018 © Noémie Goudal

UNE RENCONTRE ENTRE ORIENT ET OCCIDENT

« ROCKS ! » met en correspondance cinq regards d’artistes français et chinois sur le minéral : Zhan Wang (1962), Jonathan Bréchignac (1985), Charlotte Charbonnel (1980), Noémie Goudal (1984) et Shao Wenhuan (1971).

L’exposition tire son point de départ dans la tradition chinoise de la collection de pierres. Les lettrés chinois avaient pour coutume de choisir dans la nature des pierres ou des rochers érodés par le temps pour décorer les jardins et leurs studios. En association avec l’eau, ces formes symbolisant la montagne constituent des réductions de la nature et agissent comme sources d’évasion de la vie quotidienne, propices au plaisir esthétique et à l’enrichissement spirituel. Cette tradition trouve un lointain écho dans les cabinets de curiosités, miroirs du monde en miniature, à travers la collection d’objets naturels et créés par l’homme. Née à la Renaissance, cette pratique érudite et esthétique marqua une étape vers une classification et une appréhension plus scientifique du monde.

Comme un jardin de lettrés ou un cabinet de curiosités contemporain, l’exposition « ROCKS ! » explore le lien entre nature et artifice et interroge cette convergence est-ouest : sculptures hybrides faites de pierres naturelles et de matériaux composites, interventions directes dans des paysages donnant forme à des montages photographiques illusionnistes ou des formes créées « à quatre mains » par la nature et par l’artiste, expériences chimiques en chambre noire sur la matière minérale elle-même… Les artistes de « ROCKS ! » questionnent nos perceptions et convoquent le mystère des pierres. Car, par-delà leur forme figée et immobile, celles-ci sont imprégnées du mouvement du monde, résultats de sédimentations successives, témoins d’un temps profond qui se compte en millions ou en milliards d’années.

Un réenchantement du monde minéral par l’art auquel ICICLE est ravi de convier le public parisien, notamment en marge des grandes foires d’art parisiennes de l’automne. « ROCKS ! » fait partie de la programmation « À Paris pendant la FIAC».

  • Zhan Wang

  • Zhan Wang, Artificial Rock, Polished stainless steel, 112 × 70 × 30 cm, Ed 5_8, 2004 © Zhan Wang _ Courtesy Loft Gallery

ZHAN WANG

Zhan Wang est né en 1962 à Pékin, où il vit et travaille. Formé dès son plus jeune âge à la peinture et au dessin par son grand-père et son oncle, il se spécialise ensuite dans la sculpture lors de ses études à l’Académie Centrale des Beaux-Arts de Chine (CAFA). Dans sa série de 1990, Sidewalk, Zhan Wang tente de rompre avec la tradition sculpturale consistant à ne représenter que des figures religieuses ou héroïques, en choisissant des personnes anonymes comme sujet et la résine comme support plutôt que le bronze et le marbre traditionnels. Il a recouvert ces sculptures grandeur nature de vrais vêtements, avant de les peindre. Cette série est considérée comme le point de départ du courant de la sculpture hyperréaliste en Chine.

En 1994, Zhan Wang commence à expérimenter avec la sculpture conceptuelle dans sa série Free and Natural Space, des modelages de costumes Mao dans des postures contorsionnées, sans corps. La même idée de « coquille » évidée préside à sa série la plus connue, Artificial Rock. Zhan Wang martèle, plie, chauffe et moule minutieusement des plaques d’acier inoxydable sur des pierres traditionnelles de lettrés, puis retire la « peau » par sections qu’il soude ensemble pour créer une copie froide et creuse de la roche, dont la surface reflète le monde industrialisé.

Artificial Rock est la première sculpture contemporaine chinoise collectionnée par le Metropolitan Museum. Du British Museum (Londres) au LACMA (Los Angeles) et au Mori Art Museum (Tokyo), Zhan Wang a été exposé internationalement. Il est représenté en France par la galerie Loft (Paris).

  • Jonathan Bréchignac. Photo © Arnaud Deroudilhe

  • Jonathan Bréchignac, Stone Balancing (0020-20), Natural rock and various composite materials, 28 x 19 x 15 cm, 2020 © Jonathan Bréchignac

JONATHAN BRÉCHIGNAC

Jonathan Bréchignac est né en 1985 en Provence, il vit et travaille à Paris. Il a étudié le design graphique à Marseille et il est diplômé de l’École de Recherche Graphique ERG (Bruxelles).

Born in 1985 in Provence, Jonathan Bréchignac lives and works in Paris. He studied graphic design in Marseille and is a graduate of the Graphic Research School ERG (Brussels).

Algues bioluminescentes, scarabées irisés, réfractions lumineuses, pierres mouvantes, le travail de Jonathan Bréchignac prend comme point de départ ces phénomènes naturels qui malgré les explications scientifiques gardent un pouvoir de fascination intact. Sa pratique interdisciplinaire mêle sculpture, installation et peinture. L’exploration de la matière occupe une place importante dans ses travaux qui empruntent des codes et des protocoles issus de la science (collecte d’échantillons, expériences et matériel de laboratoire...). En recréant du «vivant» à partir de matériaux synthétiques mis en scène à l’aide de nouvelles technologies, Jonathan Bréchignac crée une poétique de la fascination : Il questionne la frontière entre artificiel et naturel ainsi que le rapport de notre époque au vivant. Dans son travail, l’invocation de mythes populaires, théories scientifiques et ésotériques trouble les frontières entre fiction et réel. Il pointe les limites de notre capacité à comprendre le monde dévoilant ainsi les processus par lesquels la croyance émerge.

En 2021, Jonathan Bréchignac est lauréat du prix Art of Change 21, parrainé par Ruinart. Son travail a été exposé à Chapelle XIV et par la galerie Guido Romero Pierini.

  • Charlotte Charbonnel. Photo © Vincent Blesbois

CHARLOTTE CHARBONNEL

Charlotte Charbonnel est née en 1980, elle vit et travaille à Paris. Après un séjour de trois mois en Inde à la Sanskriti Kendra Foundation en 2003, elle sort diplômée de l’École supérieure des Beaux-Arts de Tours (2004) et de l’École nationale supérieure des Arts décoratifs (2008).

Nommée “Woman to Watch” 2018 par le National Museum of Women in the Arts de Washington, elle a exposé dans différentes institutions dont Le Centre d’art contemporain la Maréchalerie de Versailles, la Verrière Hermès de Bruxelles, le musée Réattu en Arles, le Domaine de Chamarande en Essonne, le Palais de Tokyo à Paris, le MAC VAL à Vitry-sur-Seine ou encore récemment à l’Abbaye de Maubuisson à Saint Ouen l’Aumône et au Creux de l’enfer à Thiers. Son travail est présent dans plusieurs collections publiques et privées et a bénéficié de nombreuses aides à la création. Plusieurs catalogues d’exposition ont été publiés ainsi qu’une monographie A07-A17 de son travail, diffusée aux presses du réel. Elle est représentée par la galerie Backslash (Paris).

« Depuis plusieurs années, Charlotte Charbonnel semble vouloir tisser les liens invisibles qui unissent les matières élémentaires de l’univers. Son travail découle d’une recherche empirique à entrées multiples : écoute et capture de matériaux ou de phénomènes naturels, exploration des différents états de la matière, observation méticuleuse de substances insaisissables… » (Nathalie Desmet) L’artiste pousse la matière à former sa propre illusion par le biais d’installations et de sculptures. Elle sonde notre environnement pour en faire surgir les forces naturelles et nous en faire ressentir les flux. À l’écoute du monde, elle a exploré et transmis la vibration acoustique des lieux où elle a été invitée à exposer. Sa pratique pluridisciplinaire est liée à l’espace et se nourrit des « sciences », de collaborations et d’enquêtes dans différents domaines et disciplines.

  • Noémie Goudal. Photo © Alexandre Guirkinger

  • Noémie Goudal, Soulèvement III, Lambda print, 150 x 120 cm, 2018 © Noémie Goudal

NOÉMIE GOUDAL

Noémie Goudal est née en 1984 à Paris, où elle vit et travaille. Elle est diplômée du Royal College of Arts et de la St Martins School à Londres.

Noémie Goudal examine le potentiel de l’image dans son ensemble à travers films, photographies et installations, reconstruisant ses strates et possibilités d’extension. Oscillant entre réalité et invention, ses images présentent des installations de grande envergure dans des espaces naturels qui renouvellent la notion même de paysage dans notre société contemporaine.

Elle a reçu de nombreux prix dont le Prix HSBC en 2013 et le RCA Sustain Award en 2010. Son travail a fait l’objet d’expositions personnelles, notamment au FOAM à Amsterdam et à la Photographers Gallery à Londres en 2015, au BAL à Paris en 2016, à l’Abbaye de Jumièges en 2017, au Finnish Museum of Photography à Helsinki et à Fotografiska à Stockholm en 2018, et en 2019 au Musée des Beaux-Arts du Locle en Suisse, au Contemporary Art Museum de Ballarat en Australie ainsi qu’au Kundsverein à Hildesheim en Allemagne. Son travail a rejoint de nombreuses collections, publiques et privées telles que le Centre Pompidou, la Saatchi Gallery, la collection Kiran Nadar, le FOAM Museum...

En 2018, elle effectue une résidence à la Richard Neutra House à Los Angeles, et est actuellement en résidence à la Manufacture de Sèvres, en Île de France. Plusieurs expositions personnelles de Noémie Goudal ont lieu en 2021 : « Post Atlantica » au Centre d’Art Le Grand Café (Saint Nazaire), une carte blanche au Musée Delacroix dans le cadre du festival PhotoSaintGermain (Paris), une exposition à la Arendt House (Luxembourg), ainsi que des présentations solo aux foires Frieze London et Loop Barcelona. Noémie Goudal est représentée par la galerie Les filles du calvaire.

  • Shao Wenhuan

  • Shao Wenhuan, Green Bloom of Decay 12, Silver print mounted on silk, pigments and photosensitive emulsion, 85 x 115 cm, 2013 © Shao Wenhuan

SHAO WENHUAN

Shao Wenhuan est né en 1971 dans le Xinjiang (Chine), il vit et travaille à Hangzhou. Il a étudié à l’École Nationale d’Art de Dijon et il est diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Chine à Hangzhou, où il enseigne aujourd’hui. Sa pratique mêle photographie et peinture pour créer des œuvres d’art métaphysiques inspirées par la nature. Son travail a fait l’objet d’expositions en Chine (Musée de Wuhan, Shanghai Minsheng Art Museum, Musée de l’Académie des Beaux-Arts de Chine, Three Shadows Photography Art Centre notamment) et à l’étranger : MOPH de San Diego, San Francisco Art Institute (États-Unis), Folkwang Museum (Allemagne), Musée d’art de Lucerne (Suisse)… Ses œuvres ont intégré des collections prestigieuses comme la collection Uli Sigg.

DOORS

Basée à Pékin et Paris, Doors 门艺 est une plateforme de curation, production et conseil artistique, créée en 2017 par Bérénice Angremy et Victoria Jonathan, deux Françaises impliquées dans la diffusion de la culture et passionnées par la Chine et ses mutations. Au carrefour de différents champs artistiques (art moderne et contemporain, photographie, arts de la scène), Doors 门艺 a pour ambition d’ouvrir des portes et de favoriser les échanges culturels entre la Chine et l’Europe, à travers des événements et projets créatifs, innovants et fédérateurs. Elle collabore avec des artistes, des institutions (Musée Picasso, UCCA, Fondation Giacometti, Fondation Henri Cartier-Bresson) et des marques (Hennessy, Lafite, Lemaire). En 2021-2022, Doors organise l’exposition « KAIWU. Art et design en Chine » au Musée de l’Hospice Comtesse (Lille), deux expositions d’artistes français et chinois sur la céramique contemporaine et sur le minéral à l’espace culturel d’ICICLE à Paris, et montre les artistes Feng Li et Luo Yang à PhotoSaintGermain ; en Chine, Doors présente pour la première fois des expositions monographiques consacrées à Matisse et Man Ray, à UCCA (Pékin, Shanghai), M Woods (Pékin) et TAG Art Museum (Qingdao).

Respectivement diplômées de l’École du Louvre (Paris) et de Columbia University (New York), Bérénice Angremy et Victoria Jonathan vivent entre Paris et Pékin depuis vingt ans. Elles ont dirigé le festival Jimei x Arles (2017-2019), créé en Chine par Les Rencontres d’Arles et Three Shadows Photography Art Centre. Elles sont commissaires de plusieurs expositions sur l’art et la photographie chinois : « Les Etoiles 1979-2019. Pionniers de l’art contemporain en Chine » (Paris, 2019), « Les flots écoulés ne reviennent pas à la source. Regards de photographes sur la rivière en Chine » (Abbaye de Jumièges, 2020), « Feng Li. White Night in Paris » et « Luo Yang. En tout genre » (Photo Saint Germain, 2021), « Lei Lei. Cinéma Romance à Lushan » (Les Rencontres d’Arles et Jimei x Arles, 2019). Diplômée des Beaux-Arts de Nantes, et ancienne élève de l’Académie centrale des beaux-arts de Chine (CAFA), Gabrielle Petiau a rejoint l’équipe de Doors en 2019. Elle est co-directrice de la Biennale de l’Image Tangible.

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